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Joëlle Martinaux veut « développer une nouvelle façon d’aborder les sujets »

 

Interview du 9 Octobre 2010
Ce mercredi débute à Nice le 67e congrès de l'Unccas. Une grande première pour Joëlle Martinaux, élue en septembre. L'occasion de revenir sur l'interview qu'elle a accordé début octobre à La Gazette Santé Social.
Joëlle Martinaux, qui a succédé à Patrick Kanner à la présidence de l’Union nationale des centres communaux d’action sociale (Unccas) le 25 septembre, explique dans une interview à La Gazette Santé Social, sa vision de l’action sociale et ses ambitions pour les CCAS.

Vous présidez l’Unccas depuis le 25 septembre. Comptez-vous inscrire votre mandat dans la rupture ou dans la continuité ?
Dans la continuité de ce qu’a impulsé mon prédécesseur, Patrick Kanner. Comme lui, je vais m’employer à fédérer les voix des CCAS de toutes tailles, de tous les territoires et des élus de toutes sensibilités, avec les nuances que cela induit. Et en veillant à ce que cette voix commune ne soit pas monocorde !

Vous êtes élue de droite et vous succédez à un élu de gauche. L’action sociale a-t-elle une couleur politique ?
La précarité, la dépendance, le handicap n’ont pas de couleur politique. Élus de tous bords, nous visons les mêmes objectifs mais en empruntant parfois des chemins différents. Les élus de droite sont peut-être moins dans l’assistanat et plus dans des actions qui permettent le retour au travail. Je compte développer une nouvelle façon d’aborder les sujets. Par exemple, sur l’accès aux soins qui représente une des préoccupations grandissantes des CCAS. Plutôt que de dénoncer des difficultés de fléchage des parcours, je préfère que les acteurs se concentrent sur le ciblage des publics, en particulier les personnes qui sont dans des situations de non recours aux droits.

Jugez-vous la loi d’adaptation de la société au vieillissement assez ambitieuse ?
Elle sera satisfaisante si elle tient compte de la voix des CCAS, qui sont ceux qui voient et agissent sur le terrain. Les CCAS gèrent actuellement 400 Ehpad et 60 % des foyers logements. Nous voulons avoir les moyens de développer des structures ouvertes sur la ville, qui luttent contre l’isolement. Il faut également être ambitieux pour les aidants, en termes de formation comme de solutions de répit.

Vous allez remettre un prix de l’innovation sociale à un CCAS de petite taille *. Quel rôle l’Unccas joue-t-elle pour ces structures ?
Les CCAS de petite taille représentent environ les trois-quarts de nos adhérents. Pour eux, comme pour les CCAS de grande taille, nous représentons un réseau d’assistance au montage de projets. Nous mettons à leur disposition une équipe de techniciens de très haut niveau, par exemple pour établir leur analyse de besoins sociaux (ABS) ou la recherche de financement. Je veux leur dire : « mutualisez vos moyens entre CCAS, structurez-vous en CIAS ». À ce propos, je préfère le terme d’inter-CCAS, qui signifie que chaque élu garde sa capacité d’analyse des besoins locaux. 

En cette période de réorganisation territoriale, quelle est la carte à jouer pour les CCAS-CIAS ?
C’est le moment d’envoyer un message fort : nous sommes indispensables ! Sans nous, l’accompagnement social en France ne serait pas ce qu’il est. Nous devons défendre notre existence et nous faire entendre davantage. Pour atteindre ces objectifs, il faut décloisonner, décloisonner et… décloisonner ! En interne, entre CCAS, et avec nos partenaires. Que les murs de nos structures deviennent transparents pour que tous voient nos formidables capacités d’action et d’innovation.
*Mercredi 15 octobre 2014, dans le cadre du 67ème congrès de l’Unccas, à Nice.www.unccas.org

Repères
Joëlle Martinaux a été élue, le 25 septembre, présidente de l’Unccas pour six ans. Médecin urgentiste de formation, elle est déléguée régionale du Mouvement pour la France, adjointe au maire (UMP) de Nice, Christian Estrosi, déléguée à la solidarité, aux affaires sociales et aux handicaps, et vice-présidente du CCAS. Elle succède au socialiste Patrick Kanner, qui avait renoncé à cette fonction, qu’il occupait depuis 1996, avant d’être nommé ministre de la Ville, de la jeunesse et des sports, le 26 août.

Publié dans Actualités

 

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